Compte-rendu des Festins poétiques 6

Invitée d’honneur : Brigitte Broc
Animatrice : Andréine Bel
Nombre de participants : 12

Cette sixième édition des Festins poétiques a invité Brigitte Broc à dire, réciter et partager ses poèmes avec nous. Ceci avec la participation du peintre grand afficionado de poésie ayant illustré plusieurs de ses livres : Henri Baviera.

1 – LA RENCONTRE

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Conventions de transcription :

– Les * indiquent le nombre de fois qu’un poème a été lu à voix haute.
– Sont transcrits les poèmes qui ont au moins 1 *.
– Les poèmes élus ont au moins deux **.
– Pour les poèmes longs, la partie lue par les participants apparaît en gras.
– Je garde ici l’ordre chronologique de lecture des poèmes.

Nous avons élu 7 poèmes parmi les 18 lus à voix haute et les 24 contemplés.

***
C’est moi qui ferai le feu
Avec les fruits morts, les tiges
Avec le roux du ciel cru.

L’hiver,
C’est moi qui ferai le sentiment
Qui penserait qu’on s’est connu ?

Régine Foloppe-Ganne, Tributaires du vent

***
Un jour il faudra
Prendre avec les mains
De l’eau d’un fossé
Pour qu’en tombe une goutte
Au hasard du vent,
Sur un mur perdu
Entre bois et prés.

Edouard Glissant, Rites

**
Pour accomplir les amoureux rituels,
les amants y voient assez à la seule lueur de leur beauté
Et, si l’amour est aveugle
il s’accorde d’autant mieux avec la nuit

William Shakespeare, Roméo et Juliette

**
Notre destinée est celle de l’amour que l’ignorance de nous-mêmes jette dans l’oubli quand la vie entière de notre cœur se noie dans les coulées de la matière et n’épouse en leur attrait que miroitement.

Yvan Dimitrieff

 

**
Mousse et pierre froide
rien ne trouble la fontaine.
Quatre coups de cloche.

Fabien Tomatis

**
Je n’abandonnerai jamais,
Même si,
Un océan se dressait entre nous.

Naéma Ludècque

**
Yeux entrouverts
Odeurs de sommeil
À une distance de souffle
Nonchalance en sueur

Alexandra Galanou (Chypre)

*
Il y a quelque part un fleuve
refusant de se donner
à la mer. C’est le plus beau.
Pourtant il ne le sait pas.
Là est le simple, le mystère.
Depuis la rive je le vois
dans la distance annulée.

*
Ne pas dire,
dire la caresse, souffler la caresse,
souffler comme le vent l’indicible

Andréine Bel

*
Poésie, ô ma rose d’âme
Mon parfum, ma secrète flamme,
Pour te suivre, selon ton vœu,
Ma pensée, au soir, se dévoile
Et prend l’aile de l’oiseau bleu
Pour s’envoler vers ton étoile.

*
Les cailloux tremblent
les cailloux rient
se serrent dans le ressac
s’usent et se resserrent

Tintent dans ma poche
se déchiffrent à mes doigts
idée que je peux
entendre et toucher –

Lorand Gaspar

*
Mon amour, avant de t’aimer je n’avais rien;
j’hésitais à travers les choses et le rues,
rien ne parlait pour moi et rien n’avait de nom,
le monde appartenait à l’attente de l’air.

Je connus alors les salons couleur de cendre,
je connus des tunnels habités par la lune,
et les hangars cruels où l’on prenait congé,
et sur le sable l’insistance des questions.

Tout n’était plus que vide, et que mort et silence,
chute dans l’abandon et tout était déchu,
inaliénablement tout était aliéné,

Tout appartenait aux autres et à personne,
jusqu’à ce que ta beauté et ta pauvreté
ne donnent cet automne empli de leurs cadeaux.

Pablo Neruda

*
Je veux partir comme un oiseau
Dans un éclat de rire
Sans soupir et sans larme
Sans baiser

Bernard Bel

*
Pose l’été
Entre la menthe et ma peau.
J’ai seulement besoin
D’incliner ma chair
Un peu plus sur le vert.

*
Matin barbouillé –
une averse pianote
sur le toit mouillé.

*
Ce que je vois est une petite partie de ce que je regarde, ce que je regarde une petite partie de ce qui est à voir, et ce qui est à voir si vaste, que le pouvoir de mes yeux se perd, devant son immensité

*
Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d’agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s’enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum
Nagent autour de son corps brun.

Charles Baudelaire, Le chat

*
Un papillon passe,
Vision éphémère.
Peut-être as-tu choisi cette enveloppe,
Pour nous revenir.

Naéma Ludècque

Deux poèmes qui n’ont pas été lus sur le moment par manque d’intelligibilité à première lecture, mais ils sont remarquables :

Mes jours s’en sont allez errant,
Comme, dit Job, d’une touaille
Sont les filetz, quant tisserant
Tient en son poing ardente paille :
Lors, s’il y a nul bout qui saille,
Soudainement il le ravit.
Si ne crains rien qui plus m’assaille,
Car à la mort tout assouvis.

François Villon – Testament

    Le soleil, sur le sable, ô lutteuse endormie,
    En l’or de tes cheveux chauffe un bain langoureux
    Et, consumant l’encens sur ta joue ennemie,
    Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux.

    De ce blanc flamboiement l’immuable accalmie
    T’a fait dire, attristée, ô mes baisers peureux
    « Nous ne serons jamais une seule momie
    Sous l’antique désert et les palmiers heureux ! »

    Mais la chevelure est une rivière tiède,
    Où noyer sans frissons l’âme qui nous obsède
    Et trouver ce Néant que tu ne connais pas.

    Je goûterai le fard pleuré par tes paupières,
    Pour voir s’il sait donner au coeur que tu frappas
    L’insensibilité de l’azur et des pierres.

    Stéphane Mallarmé  (1842-1898), tristesse d’été

     

    2 – LE PARTAGE

    Présentation de Brigitte Broc, par A. Bel et sous le regard d’Henri Baviera

    Brigitte est la poète des près et de la forêt. Henri cueille feuilles et ciels, ça tombe bien.
    Brigitte, le féminin sacré, Henri la terre des profondeurs. Leurs œuvres ne pouvaient que se rejoindre un jour.

    Intervention

    Brigitte a dit, déclamé, murmuré, hurlé, sifflé, avalé, étendu chaque mot de ses poèmes, comme un sucre d’orge, comme le vent pour nous coiffer, comme un matin de printemps qui toujours revient.

    Henri et Brigitte ont dit comment deux œuvres peuvent se rencontrer.

    3 – LA DEGUSTATION

    Gâteau oublié côté cuisine mais vite retrouvé et dévoré…

    QUELQUES POINTS

    – Prendre soin d’apporter chacun deux poèmes, courts ; pour cela, prendre le temps de les choisir, les recopier, les mettre dans sa gibecière et la renverser sur la table à l’arrivée… Veiller à écrire lisiblement, quitte à utiliser le script pour que chacun puisse déguster tous les poèmes proposés.

    – Nous avons réfléchi aux festins de demain, comment améliorer, remettre sur le métier, rendre à la fois pérenne et novateur ce qui structure les festins, ne pas nous laisser gagner par l’habitude et l’habilité.

    Compte-rendu des Festins poétiques 5

    Invités d’honneur : 3000 femmes poètes du Maharashtra et Bernard Bel
    Animatrice : Andréine Bel
    Nombre de participants : 12

    Cette cinquième édition des Festins poétiques a invité 3000 femmes « illettrées » et poètes du Maharashtra en Inde, à travers les documents audio et vidéo présentés par Bernard Bel.

    1 – LA RENCONTRE

    Conventions de transcription :

    – Les * indiquent le nombre de fois qu’un poème a été lu à voix haute.
    – Sont transcrits les poèmes qui ont au moins 1 *.
    – Les poèmes élus ont au moins deux **.
    – Pour les poèmes longs, la partie lue par les participants apparaît en gras.
    – Je garde ici l’ordre chronologique de lecture des poèmes.

    Nous avons élu 4 poèmes parmi les 17 lus à voix haute et les 24 contemplés.

    **
    Le nénuphar m’a dit :
    qu’est-ce la douceur ?

    Andréine Bel

    *
    La fatigue passée, poursuis ta route,
    arrosant dans les jardins de tes gouttes d’eau nouvelles
    les boutons en grappes des jasmins sur les bords de la Vananadi,
    répendant un instant ton ombre familière sur le visage des cueilleuses de fleurs
    qui froissent et fanent à essuyer la sueur de leurs joues, les lotus de leurs oreilles.

    Kalidasa, poète indien (2e siècle av. J.C.), Le nuage messager.

    ******
    Il se peut qu’il neige
    avant la fin de la phrase
    et que recule
    l’escargot d’un geste spontané

    Sophie Quignard

    **
    Poudre de curcuma
    Curry indien
    Un ciel orangé se dessine
    Sur la page blanche de mon assiète.

    Nicole Postaï

    *
    Le vent souffle dans la ramure,
    les éléphants vont de branche en branche
    sur les poteaux électriques.

    Jack Revest

    *
    Je nuagécris le ciel
    Je tire des mèches blanches de vapeur jusqu’à ce que mes tempes mon cuir chevelu battent à l’unisson comme s’ils mettaient plein gaz
    vitesse et combustion allumage à ne jamais éteindre
    pour que je survive toujours
    montre-moi ta piste
    je te dirai mon altitude
    je sortirai pour toi mon train d’atterrissage secret

                                 pour l’unité

    Béatrice Machet

    *
    Il faut capturer l’instant précis avant qu’il s’échappe.

    Jack Revest

    *
    Le goëland se moque de l’infini
    Qui peut rapprocher, qui peut séparer
    Les rives de l’infini ?

    Bernard Bel

    *
    Femme nue, femme noire
    Vétue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
    J’ai grandi à ton ombre ; la douceur de tes mains bandait mes yeux
    Et voilà qu’au cœur de l’Été et de Midi,
    Je te découvre, Terre promise, du haut d’un haut col calciné
    Et ta beauté me foudroie en plein cœur, comme l’éclair d’un aigle

    Femme nue, femme obscure
    Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais lyrique ma bouche
    Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d’Est
    Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur
    Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l’Aimée

    Femme noire, femme obscure
    Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l’athlète, aux flancs des princes du Mali
    Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.
    Délices des jeux de l’Esprit, les reflets de l’or ronge ta peau qui se moire
    À l’ombre de ta chevelure, s’éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux.

    Femme nue, femme noire
    Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Eternel
    Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.

    Léopold Sédar Senghor, Chants d’ombre

    *
    Chaque matin de la semaine
    c’est le même rituel du maquillage
    sauf le dimanche
    comme si ce jour-là
    ses rêves montaient à la surface
    et lui servaient de fond de teint

    Daniel Birmbaum

    *
    Le puit

    Dans cette terre poudrée l’étau enserre tes doigts
    Et leur geste meurtri apaisera la soif
    de l’amour de ta vie par l’humble rouge obole
    Et ton sang Intouchable sera l’eau de la foi

    Françoise Sayour

    *
    Aujourd’hui je n’ai rien fait.
    Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.
    Des oiseaux qui n’existent pas
    ont trouvé leur nid.
    Des ombres qui peut-être existent
    ont rencontré leurs corps.
    Des paroles qui existent
    ont recouvré leur silence.
    Ne rien faire
    sauve parfois l’équilibre du monde,
    en obtenant que quelque chose aussi pèse
    sur le plateau vide de la balance.

    Roberto Juarroz, poésie verticale 13, édition bilingue, traduction Roger Munier, José Corti 1993, p. 120-121

    *
    Une pierre pour oreiller
    j’accompagne
    les nuages

    Maryse Chadaix

    *
     Il a été dit
    dans le monde de l’ouest
    que le sommeil était le petit frère de la mort.
    Mais nos anciens savaient qu’il n’en était rien.
    Le sommeil est plus vieux que la mort
    et mourir est seulement
    une sorte de sieste, un passage entre les rêves.

    Auteur ?,  Oligawi

    *
    Les étoiles sont bercées par elles
    Et des pensée de toutes nuances
    Sont aspirées du fond de l’abîme
    Et répandues sur les rivages de la vie

    Rabindranath Tagore (1861 – 1941), poète bengali

    *
    Des éclats de voix
    derrière les volets clos
    dimanche d’été

    Auteur ? Poète japonais

    *
    Mais tout poème n’est qu’un balbutiement
    sous le balbutiement sans fin des étoiles

    Roberto Juarroz, poésie verticale 3

    *
    L’amour est mort entre tes bras
    Te souviens-tu de sa rencontre
    Il est mort tu la referas
    Il s’en revient à ta rencontre

    Encore un printemps de passé
    Je songe à ce qu’il eut de tendre
    Adieu saison qui finissez
    Vous nous reviendrez aussi tendre

    Dans le crépuscule fané
    Où plusieurs amours se bousculent
    Ton souvenir gît enchaîné
    Loin de nos ombres qui reculent

    Ô mains qu’enchaîne la mémoire
    Et brûlantes comme un bûcher
    Où le dernier des phénix noire
    Perfection vient se jucher

    La chaîne s’use maille à maille
    Ton souvenir riant de nous
    S’enfuir l’entends-tu qui nous raille
    Et je retombe à tes genoux

    Tu n’as pas surpris mon secret
    Déjà le cortège s’avance
    Mais il nous reste le regret
    De n’être pas de connivence

    La rose flotte au fil de l’eau
    Les masques ont passé par bandes
    Il tremble en moi comme un grelot
    Ce lourd secret que tu quémandes

    Le soir tombe et dans le jardin
    Elles racontent des histoires
    À la nuit qui non sans dédain
    Répand leurs chevelures noires

    Petits enfants petits enfants
    Vos ailes se sont envolées
    Mais rose toi qui te défends
    Perds tes odeurs inégalées

    Car voici l’heure du larcin
    De plumes de fleurs et de tresses
    Cueillez le jet d’eau du bassin
    Dont les roses sont les maîtresses

    Tu descendais dans l’eau si claire
    Je me noyais dans ton regard
    Le soldat passe elle se penche
    Se détourne et casse une branche

    Tu flottes sur l’onde nocturne
    La flamme est mon cœur renversé
    Couleur de l’écaille du peigne
    Que reflète l’eau qui te baigne

    Ô ma jeunesse abandonnée
    Comme une guirlande fanée
    Voici que s’en vient la saison
    Et des dédains et du soupçon

    Le paysage est fait de toiles
    Il coule un faux fleuve de sang
    Et sous l’arbre fleuri d’étoiles
    Un clown est l’unique passant

    Un froid rayon poudroie et joue
    Sur les décors et sur ta joue
    Un coup de revolver un cri
    Dans l’ombre un portrait a souri

    La vitre du cadre est brisée
    Un air qu’on ne peut définir
    Hésite entre son et pensée
    Entre avenir et souvenir

    Ô ma jeunesse abandonnée
    Comme une guirlande fanée
    Voici que s’en vient la saison
    Des regrets et de la raison

    Guillaume Apollinaire

    2 – LE PARTAGE

    Présentation de Bernard Bel, par A. Bel

    Un ingénieur du CNRS vivant en Inde plus de quinze ans, cela donne un goût certain pour la musicologie, la linguistique et l’archivage…

    Intervention

    Les chants de la mouture ont été collectés par Guy Poitevin et son épouse Hema, enregistrés et archivés par Bernard de manière à les rendre accessibles à tous : chercheurs scientifiques, étudiants et simples citoyens désireux de connaître ce patrimoine en train de disparaître dans sa forme originelle puisque les moulins électriques ont remplacé les meules de pierre même dans le plus reculé des villages indiens.

    Ces paysannes illettrées composent et se transmettent des ovi.

    Voir la transcription de l’intervention

    3 – LA DEGUSTATION

    Mangues, papayes et noix de coco comme rafraichissement, tartes salées, sucrées et bonne humeur au menu…

    QUELQUES POINTS

     Ce festin marque le début d’une nouvelle phase des festins où nous entrons explicitement dans la facture même des poèmes.

    Penser à amener un poème de soi et aussi d’un poète que l’on apprécie particulièrement.

    Les festins partent en vacances trois mois et reprendront samedi 16 septembre 2017 avec Michel Deshays comme invité d’honneur.

    Compte-rendu des Festins poétiques 4

    Invité d’honneur : Patrick Simon (voir biographie)
    Animatrice : Andréine Bel
    Nombre de participants : 8

    Cette quatrième édition des Festins poétique s’est articulée autour de la poésie courte, en prenant pour exemple le tanka japonais.

    1 – LA RENCONTRE

    Conventions de transcription :

    – Les * indiquent le nombre de fois qu’un poème a été lu à voix haute.
    – Sont transcrits les poèmes qui ont au moins 1 *.
    – Les poèmes élus ont au moins deux **.
    – La partie lue par les participants apparaît en gras.

    Nous avons élu 5 poèmes parmi les 9 lus à voix haute et les 16 contemplés.

    **
    Tu bois la vodka
    dans l’ombre de tes silences
    et pourtant – pourtant
    hier même je me taisais
    le vol du papillon noir

    Patrick Simon

    **
    Un piment
    Ajouter des ailes :
    une libellule rouge

    Matsuo Bashô, poète japonais à l’orignie du haïku (1644 – 1694)

    **
    Dans le prunier blanc
    la nuit désormais
    se change en aube

    Buson, poète japonais (1716 – 1783)

    **
    Vénus s’est levée, escortée par la lune
    Je veux dire à mes amies la joie de ma mère

    Femme poète du Maharashtra, chant de la meule

    **
    Dalles de pierre grise
    Usées par le soleil
    Et nos pieds nus

    Bernard Bel

    *
    Mon cœur bat
    Comme une houle
    d’hirondelles

    Yotsuya Ryû (poète japonais, 1958)

     

     

    *
    Les paupières lourdes
    Sur un oreiller d’herbes
    Je guette sous les neiges
    Le pouls de l’Immortel

    Catherine Monce

    *
    Mots gouttes
    dans ce no man’s land
    j’ai tellement soif !

    Andréine Bel

    *
    Triste et solitaire
    Je suis une herbe flottante
    À la racine coupée
    Si un courant m’entraîne
    Je crois que je le suivrai

    Tanka écrit par Ono no Komachi, poétesse japanaise (850)

    2 – LE PARTAGE

    Présentation de Patrick Simon, par A. Bel

    Né en Lorraine, Patrick Simon est un essayiste humaniste, romancier et poète. Vivant tantôt au Québec, tantôt en France, il défend la francophonie et l’internationalité pour la poésie. Il crée la revue du Tanka francophone et fonde sa propre maison d’édition Tanka en 2007.

    Action

    Patrick Simon nous a fait découvrir le tanka, ancêtre du haïku et proche de la philosophie Shintô. Cette forme poétique née au 8e siècle avec l’écriture japonaise, servait au courrier officiel comme aux mots d’amour.

    Le tanka est un poème bref de cinq vers sans rime, de 31 sons : 5, 7, 5, 7, 7. Le rythme impair fait résonner les mouvements intérieurs de l’âme. Les trois premiers vers disent une vérité, une réalité perçue par les sens, et les deux derniers approfondissent le sujet, en disant un ressenti. Le tanka est un poème lyrique, impressionniste et universel.

    Écrire un tanka, c’est apprendre à se servir des résonnances et alitérations, c’est donner une couleur au poème. La poésie en tant que parole de vérité.

    Exemple tiré de l’Anthologie de tanka japonais modernes, p.111
    Editions du Tanka francophone

    mata kite-ne
    hajimete haha-ga
    iu yûbe
    botan no yûbe
    nige-kaeru kana

    “Reviens me voir”
    ma mère m’a dit un soir
    pour la première fois –
    je me sauve
    un soir de pivoine.

    Chikako Yonekawa, auteure japonaise contemporaine

    En reprenant les mots prononcés par sa mère losqu’elle la quitta, l’auteure se culpabilise de ne pas vivre avec elle pour la soulager. Les pivoines japonaises fleurissent en hiver, le froid accentue la tristesse et l’inquiétude de la mère âgée restée seule.

    Le haïku est différent du tanka en cela qu’il est plus court (trois vers : 5, 7, 5) et moins personnel.

    3 – LA DEGUSTATION

    Comme les grands esprits se rencontrent, salades de pois chiche, petits pois, tomates etc., délicieuses.

    QUELQUES POINTS

    Patrick nous a parlé du Tensaku poétique, initié par Bashô au 17e siècle. Un auteur qui le souhaite soumet au goupe de poètes un poème qu’il a écrit et dont il n’est pas tout à fait satisfait. Chacun va lui donner brièvement quelques impressions et suggestions pour qu’il arrive à le parfaire par lui-même. Ceci dans un but d’apprentissage coopératif. Nous avons évoqué cette possibilité pour une fin de première partie, dès que cela nous semblera adéquat.

    Même si nous avons regretté être peu nombreux à ce festin (concours de circonstances et Fêtes de Pâques), la dynamique a été enthousiaste.

    Compte-rendu des Festins poétiques 3

    Cette troisième édition des Festins poétiques a pris pour thème celui du Printemps des poètes 2017 : Afrique(s).

    Nombre de particpants : 13

    1 – LA RENCONTRE

    Conventions de transcription

    – Les * indiquent le nombre de fois qu’un poème a été lu à voix haute.
    – Sont transcrits les poèmes qui ont au moins 1 *.
    – Les poèmes élus ont au moins deux **.
    – La partie lue par les participants apparaît en gras.

    Nous avons élu 6 poèmes parmi les 29 contemplés.

    ******
    Pour caresser le ciel
    un arbre à plumes vertes
    et de la poudre de soleil

    Andréine Bel

    ***
    ô lumière amicale
    ô fraîche source de la lumière
    ceux qui n’ont inventé ni la poudre ni la boussole
    ceux qui n’ont jamais su dompter la vapeur ni l’électricité
    ceux qui n’ont exploré ni les mers ni le ciel
    mais ceux sans qui la terre ne serait pas la terre […]
    ma négritude n’est pas une taie d’eau morte sur l’oeil mort de la terre
    ma négritude n’est ni une tour ni une cathédrale
    elle plonge dans la chair rouge du sol
    elle plonge dans la chair ardente du ciel
    elle troue l’accablement opaque de sa droite patience.

    Eïa pour le Kaïlcédrat royal !
    Eïa pour ceux qui n’ont jamais rien inventé
    pour ceux qui n’ont jamais rien exploré
    pour ceux qui n’ont jamais rien dompté
    mais ils s’abandonnent, saisis, à l’essence de toute chose
    ignorants des surfaces mais saisis par le mouvement de toute chose
    insoucieux de dompter, mais jouant le jeu du monde
    véritablement les fils aînés du monde
    poreux à tous les souffles du monde
    aire fraternelle de tous les souffles du monde
    lit sans drain de toutes les eaux du monde
    étincelle du feu sacré du monde
    chair de la chair du monde palpitant du mouvement même du monde !
    Tiède petit matin de vertus ancestrales

    Sang ! Sang ! tout notre sang ému par le coeur mâle du soleil
    ceux qui savent la féminité de la lune au corps d’huile
    l’exaltation réconciliée de l’antilope et de l’étoile
    ceux dont la survie chemine en la germination de l’herbe !
    Eïa parfait cercle du monde et close concordance !

    Écoutez le monde blanc
    horriblement las de son effort immense
    ses articulations rebelles craquer sous les étoiles dures
    ses raideurs d’acier bleu transperçant la chair mystique
    écoute ses victoires proditoires trompéter ses défaites
    écoute aux alibis grandioses son piètre trébuchement
    Pitié pour nos vainqueurs omniscients et naïfs !

    Aimé CÉSAIRE, 1913 – 2008, poète français né à la Martinique
    Cahier d’un retour au pays natal, 1947

    ***
    Les morts ne sont pas morts
    Ecoute plus souvent
    Les choses que les êtres,
    La voix du feu s’entend
    Entends la voix de l’eau
    Ecoute dans le vent
    Le buisson en sanglot :
    C’est le souffle des ancêtres.

    Ceux qui sont morts ne sont jamais partis
    Ils sont dans l’ombre qui s’éclaire
    Et dans l’ombre qui s’épaissit,
    Les morts ne sont pas sous la terre
    Ils sont dans l’arbre qui frémit,
    Ils sont dans le bois qui gémit,
    Ils sont dans l’eau qui coule,
    Ils sont dans l’eau qui dort,
    Ils sont dans la case, ils sont dans la foule
    Les morts ne sont pas morts.
    Ceux qui sont morts ne sont jamais partis,
    Ils sont dans le sein de la femme,
    Ils sont dans l’enfant qui vagit,
    Et dans le tison qui s’enflamme,
    Les morts ne sont jamais sous terre,
    Ils sont dans le feu qui s’éteint,
    Ils sont dans le rocher qui geint,
    Ils sont dans les herbes qui pleurent,
    Ils sont dans la forêt, ils sont dans la demeure,
    Les morts ne sont pas morts.
    Ecoute plus souvent
    Les choses que les êtres,
    La voix du feu s’entend
    Entends la voix de l’eau
    Ecoute dans le vent
    Le buisson en sanglot :
    C’est le souffle des ancêtres.
    Le souffle des ancêtres morts
    Qui ne sont pas partis,
    Qui ne sont pas sous terre,
    Qui ne sont pas morts
    Ecoute plus souvent
    Les choses que les êtres,
    La voix du feu s’entend
    Entends la voix de l’eau
    Ecoute dans le vent
    Le buisson en sanglot :
    C’est le souffle des ancêtres
    Il redit chaque jour le pacte
    Le grand pacte qui lie,
    Qui lie à la loi notre sort;
    Aux actes des souffles plus forts,
    Le sort de nos morts qui ne sont pas morts;
    Le lord pacte qui nous lie aux acte
    Des souffles qui se meuvent.

    Dans le lit et sur les rives du fleuve,
    Dans plusieurs souffles qui se meuvent
    Dans le rocher qui geint et dans l’herbe qui pleure
    Des souffles qui demeurent
    Dans l’ombre qui s’éclaire on s’épaissit,
    Dans l’arbre qui frémit, dans le bois qui gémit,
    Et dans l’eau qui coule et dans l’eau qui dort,
    Des souffles plus forts, qui ont pris
    Le souffle des morts qui ne sont pas morts,
    Des morts qui ne sont pas partis,
    Des morts qui ne sont plus sous terre.
    Ecoute plus souvent
    Les choses que les êtres…

    Birago Diop, 1906 – 1989, Sénégal, auteur africain francophone.
    Les Souffles, Les contes d’Amadou Koumba

    ***
    Terres brunes
    entêtées d’absolu
    refusant la douceur des pluies
    et le miroitement des fleurs
    Toute facilité détourne

    Colette Gibelin

    ***
    Intruse au bassin,
    Eau figée, berges muettes ;
    L’ombre en-nuit le jour

    Catherine Monce

    **
    Buvant son café
    une pensée pour celle
    qui en a cueilli les grains

    Jeanne Painchaud (Québec)

    *
    Femme nue, femme noire
    Vétue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
    J’ai grandi à ton ombre ; la douceur de tes mains bandait mes yeux

    Et voilà qu’au cœur de l’Eté et de Midi,
    Je te découvre, Terre promise, du haut d’un haut col calciné
    Et ta beauté me foudroie en plein cœur, comme l’éclair d’un aigle

    Femme nue, femme obscure
    Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais lyrique ma bouche
    Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d’Est
    Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur
    Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l’Aimée

    Femme noire, femme obscure
    Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l’athlète, aux flancs des princes du Mali
    Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.

    Délices des jeux de l’Esprit, les reflets de l’or ronge ta peau qui se moire

    A l’ombre de ta chevelure, s’éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux.

    Femme nue, femme noire
    Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Eternel
    Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.

    Léopold Sédar Senghor, Chants d’ombre

    *
    Toi qui plies, toi qui pleures
    Toi qui meurs un jour sans savoir pourquoi
    Toi qui luttes, qui veilles sur le repos de l’autre
    Toi qui ne regardes plus avec le rire dans les yeux
    Toi mon frère au visage de peur et d’angoisse
    Relève toi et crie : Non »

    David Diop, 1927 – 1960, « Défi à la force »

    *
    Afrique mon Afrique
    Afrique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales
    Afrique que chante ma grand-mère
    Au bord de son fleuve lointain
    Je ne t’ai jamais connue
    Mais mon regard est plein de ton sang
    Ton beau sang noir à travers les champs répandu
    Le sang de ta sueur
    La sueur de ton travail
    Le travail de l’esclavage
    L’esclavage de tes enfants
    Afrique dis moi Afrique
    Est-ce donc toi ce dos qui se courbe
    Et se couche sous le poids de l’humilité
    Ce dos tremblant à zébrures rouges
    Qui dit oui au fouet sur les routes de midi
    Alors gravement une voix me répondit
    Fils impétueux cet arbre robuste et jeune
    Cet arbre là-bas
    Splendidement seul au milieu des fleurs
    Blanches et fanées
    C’est l’Afrique ton Afrique qui repousse
    Qui repousse patiemment obstinément
    Et dont les fruits ont peu à peu
    L’amère saveur de la liberté.

    David Diop, Afrique mon Afrique

    *
    Vent fou me frappe…
    la blessure de l’homme est partout
    peut-on cerner, peut-on circonscrire la douleur ?
    Y a-t-il une frontière du cri ?

    Comment mesure-t-on l’ampleur des vents de l’âme ?

    Gabriel Okoundji, né en 1962 au Congo, poète de langue française

    *
    I
    Andromaque, je pense à vous ! Ce petit fleuve,

    Pauvre et triste miroir où jadis resplendit
    L’immense majesté de vos douleurs de veuve,
    Ce Simoïs menteur qui par vos pleurs grandit,

    A fécondé soudain ma mémoire fertile,
    Comme je traversais le nouveau Carrousel.
    Le vieux Paris n’est plus (la forme d’une ville
    Change plus vite, hélas ! que le coeur d’un mortel) ;

    Je ne vois qu’en esprit, tout ce camp de baraques,
    Ces tas de chapiteaux ébauchés et de fûts,
    Les herbes, les gros blocs verdis par l’eau des flaques,
    Et, brillant aux carreaux, le bric-à-brac confus.

    Là s’étalait jadis une ménagerie ;
    Là je vis, un matin, à l’heure où sous les cieux
    Froids et clairs le travail s’éveille, où la voirie
    Pousse un sombre ouragan dans l’air silencieux,

    Un cygne qui s’était évadé de sa cage,
    Et, de ses pieds palmés frottant le pavé sec,
    Sur le sol raboteux traînait son blanc plumage.
    Près d’un ruisseau sans eau la bête ouvrant le bec

    Baignait nerveusement ses ailes dans la poudre,
    Et disait, le coeur plein de son beau lac natal :
     » Eau, quand donc pleuvras-tu ? quand tonneras-tu, foudre ? « 
    Je vois ce malheureux, mythe étrange et fatal,

    Vers le ciel quelquefois, comme l’homme d’Ovide,
    Vers le ciel ironique et cruellement bleu,
    Sur son cou convulsif tendant sa tête avide,
    Comme s’il adressait des reproches à Dieu !

    II
    Paris change ! mais rien dans ma mélancolie

    N’a bougé ! palais neufs, échafaudages, blocs,
    Vieux faubourgs, tout pour moi devient allégorie,
    Et mes chers souvenirs sont plus lourds que des rocs.

    Aussi devant ce Louvre une image m’opprime :
    Je pense à mon grand cygne, avec ses gestes fous,
    Comme les exilés, ridicule et sublime,
    Et rongé d’un, désir sans trêve ! et puis à vous,

    Andromaque, des bras d’un grand époux tombée,
    Vil bétail, sous la main du superbe Pyrrhus,
    Auprès d’un tombeau vide en extase courbée ;
    Veuve d’Hector, hélas ! et femme d’Hélénus !

    Je pense à la négresse, amaigrie et phtisique,
    Piétinant dans la boue, et cherchant, l’oeil hagard,
    Les cocotiers absents de la superbe Afrique
    Derrière la muraille immense du brouillard ;

    A quiconque a perdu ce qui ne se retrouve
    Jamais, jamais ! à ceux qui s’abreuvent de pleurs
    Et tètent la douleur comme une bonne louve !
    Aux maigres orphelins séchant comme des fleurs !

    Ainsi dans la forêt où mon esprit s’exile
    Un vieux Souvenir sonne à plein souffle du cor !
    Je pense aux matelots oubliés dans une île,
    Aux captifs, aux vaincus !… à bien d’autres encor !

     Baudelaire, Le cygne

    *
    Suspendue aux fils
    invisibles de la vie
    je traverse le monde.

    Nicole Postaï

    *
    Baobab, j’entends ton cœur là-bas
    Mes bras ne peuvent t’enlacer
    J’attends ton cœur qui bat
    Mes pensées sous tes futaies
    Sous leur toit frémit l’albizia
    Ce soir, le palabre me renouera

    Françoise Sayour

    *
    Tes couleurs, tes pays
    Tes peuples, tes rythmes, tes sourires
    Donnent l’envie

    Pamela Briançon

    2 – LE PARTAGE

    Présentation de Sophie Quignard par Andréine Bel

    Née d’une famille d’enseignants, elle est elle-même professeur de littérature : la transmission est au cœur de son action citoyenne. Mais elle vient aussi d’une famille d’écrivains : son oncle Pascal Quignard est un des plus grands auteurs de notre temps.

    Sophie écrit : “La poésie pour rendre le temps qu’il fait : poésie de circonstances, poésie scientifique, poésie fugitive (mais pas trop), poésie des états sensibles, ou toute autre forme qui peut faire advenir un cœur pensant.”

    Action

    Sophie a tout d’abord projeté des photos d’œuvres africaines tout en nous parlant des mouvements poétiques en Afrique et des différents types de poésie qu’elle a abordés dans sa vie.

    Puis lecture à deux voix de ses “poèmes scientiques”, par Frédérique Pautet et elle-même.

    3 – LA DEGUSTATION

    Une nappe dans les tons ocres rouges et gris, des plats plus délicieux les uns que les autres, un régal…

    QUELQUES POINTS

    Nous avons abordé la question du thème pendant les Festins. « Afrique(s) » nous a bien convenu. Cela nous a reliés au Printemps des poètes. Ce continent africain, qui est souvent lointain pour nous, s’est rapproché par sa poésie et par tout ce qu’il évoque de notre histoire partagée. Nous avons aussi découvert que la contrainte d’un thème peut nous apporter beaucoup : sortir des sentiers battus et aller puiser dans nos ressources en se servant de ce cadre structurant.

    Adopterons-nous chaque fois un thème ? Nous avons convenu ensemble que nous devions en ressentir la nécessité pour en choisir un. Nous verrons cela au fur et à mesure du déroulement des festins, et peut-être aussi en fonction des auteurs invités d’honneur s’ils font une proposition en ce sens.

    Nous avons évoqué le fait que chaque festin est unique, avec aussi une continuité entre les festins.

     

     

    Patrick Simon

    Notre invité d’honneur des Festins poétiques 4 le 15 avril 2017 :

    Franco-canadien, Patrick Simon est né le 5 mars 1953 en Lorraine (France). Il est essayiste humaniste, romancier et poète. Depuis 1984, il a publié une vingtaine de livres (romans, essais, poésie). Il a été membre du Conseil d’Administration de l’Association Francophone de Haïku. Membre titulaire de l’Union des écrivaines et écrivains du Québec, il est aussi Président de l’Association Festival International de Tanka.

    Il est le directeur de la Revue et des Éditions du tanka francophone depuis 2007.

    Il anime des ateliers d’écriture en poésie brève et il participe à des conférences ou tables-rondes autour de la poésie, comme de l’humanisme.

    Éditeur ou auteur, il participe régulièrement à des salons du livre ou à des festivals littéraires.

    Publications

    Aux Éditions Lacour, Nîmes / France :

    • « Chemins vers l’autre », Essai -1990-
    • « Émoi et toi », roman -1993
    • « Le parler du Jura », dictionnaire -Collection Rediviva – 1994
    • « Tiers serti», Poésies -1994
    • « Esquisse des sentiments », Roman -1996
    • « Dictionnaire de la tolérance et de la citoyenneté », Essai- 1999
    • « Petits dialogues avec une sculpteure : Marguerite Gagneur », Biographie – 2004

    Aux Éditions Cabédita / Suisse :

    • « Voltaire Christin et la mainmorte en Haut Jura », Essai, avec A. Vuillermoz, 1998

    Aux Éditions Mille poètes, USA :

    • « A deux pas de moi – haïku et tanka », 2006 (épuisé)

    A la Fondation littéraire Fleur de Lys / Québec – Canada :

    • « Itinéraire d’un pacifiste dans les Balkans », Essai, 2005
    • « D’une rive à l’autre », Poésie, 2005
    • « Drogues, toxicomanie : mythes et réalités », Essai, 2006
    • « Sécurité humaine et culture de la paix », 2007
    • « Tiers serti – volume 2 », Poésie, 2008

    Aux Éditions du tanka francophone, Laval, Québec / Canada :

    • « Tout poche de moi – tanka », Poésie, 2008
    • « Anthologie du tanka francophone – sous la direction de Patrick Simon, 2010
    • « Mots de l’entre deux – renga » de Martine Gonfalone Modigliani et Patrick Simon, 2010
    • « Le murmure des pins », Poésie, 2014
    • « Seconde Anthologie du tanka francophone », sous la direction de Patrick Simon, 2015
    • « Impur », Récit, publié dans la Collection Pavillon de minuit, 2016

    Aux Éditions Pippa, Paris, France :

    • « Tanka : introduction à la poésie brève », coécrit avec Alhama Garcia, 2015
    • « Un souffle poétique du Japon sur nos écrits – actes du colloque du 24 juin 2016 au lycée Henri IV à Paris », 2016

    Articles publiés dans plusieurs revues :

    • Cahiers de l’Institut de Documentation et Recherches sur la Paix (Paris, France)
    • Revue Planète Paix (Paris, France)
    • Revue Indépendance et développement (Paris, France)
    • Revue Défi jeunesse, Centre Jeunesse de Montréal, (Québec / Canada)
    • Revue Adolescence et toxicomanie, Association Nationale des Intervenants en Toxicomanie (France)
    • Revue Études et réflexions de l’Institut Régional de Travail Social de Franche Comté (France)
    • Les Entretiens de Saint-Étienne, Association AFORE (travail social), Saint-Etienne, France
    • Revue Brèves de la Société littéraire de Laval (Québec / Canada)
    • Revue du tanka francophone (Laval, Québec, Canada)

    Festin poétique 4, en avril 2017

    L’Espace René Nonjon, Rue Grande, Les Mayons (83340) vous invite aux Festins poétiques 4, le samedi 15 avril 2017.

    Patrick Simon, poète et éditeur (voir biographie), partagera avec nous sa passion pour la poésie japonaise.  Il présentera cette poésie à travers son évolution, du waka au tanka et haïku, ainsi que leurs dérivés que sont les haïbun, tanka-prose et renga ou renku. Autant de saveurs différentes que la langue française s’est exercée à adopter avec des poétes de haïkus en français.

    Sophie Quignard

    Invitée d’honneur lors du troisième Festin poétique le samedi 18 mars 2017, Sophie Quignard aura carte blanche pour partager avec nous tous des poèmes d’auteurs sur le thème « Afrique(s) » et ses propres créations.

    Présentation

    Née en 1976 dans une famille d’enseignants et enseignantes au cœur de laquelle la question de la transmission était omniprésente, Sophie Quignard est bien naturellement devenue professeure. Elle a choisi le français et les lettres de la francophonie et en langue anglaise pour rendre les élèves curieux ; et la poésie pour rendre le temps qu’il fait : poésie de circonstances, poésie scientifique, poésie fugitive (mais pas trop), poésie des états sensibles, ou toute autre forme qui peut faire advenir un cœur pensant.

    Elle réside aux Mayons depuis 2003.

    Festin poétique 3, en mars 2017

    PJ522_2008-LOGO-PDP-COULL’Espace René Nonjon, Rue Grande, Les Mayons (83340) vous invite aux Festins poétiques 3, le samedi 18 mars 2017.

    L’invitée d’honneur est Sophie Quignard, résidant aux Mayons (voir biographie).

    Pour une fois, les Festins auront un thème, celui du Printemps des Poètes 2017 : AFRIQUE(S)

    L’ Afrique telle qu’on la connaît, perçoit ou imagine, d’hier ou d’aujourd’hui
    Les Afriques : celle du nord et celle du sud
    Les voix de la diaspora africaine, des Antilles à la Guyane, de Madagascar à Mayotte…, Afrique francophone
    Échos et parfums, couleurs et paysages, ses chants et ses danses, et surtout ses peuples et leur histoire

    Léopold Sedar Senghor, Tchicaya U Tam’si, Aimé Césaire, Edouard Glissant, Tahar Djaout…

    L’ Afrique en nous.

    Compte-rendu des Festins poétiques 2

    Cette deuxième édition des Festins poétiques
    s’est déroulée sous le signe de l’éclatement.

    Notre invité d’honneur était Christophe Forgeot (voir présentation).
    Nombre de participants : 14.

    1 – LA RENCONTRE

    Conventions de transcription
    – Les * indiquent le nombre de fois qu’un poème a été lu à voix haute.
    – Sont transcrits les poèmes qui ont au moins 1 *.
    – Les poèmes élus ont au moins deux **.
    – La partie lue par les participants apparaît en gras.

    Nous avons élu 6 poèmes parmi les 29 contemplés.

    ****
    Et leurs visages étaient pâles
    Et leurs sanglots s’étaient brisés
    Comme la neige aux purs pétales
    Ou bien tes mains sur mes baisers
    Tombaient les feuilles automnales

    Guillaume Apollinaire (1880 – 1918), « Le départ », Calligrammes, Poèmes de la paix et de la guerre.

    ***
    Je suis le cerf, toi le chevreuil,
    Tu es l’oiseau, moi le tilleul,
    Toi le soleil et moi la neige,
    Tu es le jour et moi le rêve.

    La nuit, des lèvres du dormeur,
    Un oiseau d’or vole vers toi,
    Voix claire, aile aux vives couleurs,
    Qui te dit le chant de l’amour,
    Qui te dit ma chanson à moi.

    p1000585Ich bin der Hirsch und du das Reh,
    Der Vogel du und ich der Baum,
    Die Sonne du und ich der Schnee,
    Du bist der Tag und ich der Traum.

    Nachts aus meinem schlafenden Mund
    Fliegt ein Goldvogel zu dir,
    Hell ist seine Stimme, sein Flügel bunt,
    Der singt dir das Lied voll der Liebe,
    Der singt dir das Lied von mir

    Hermann Hesse (1877 – 1962), « Liebeslied »

    ***
    Que le verbe s’éteigne
    Sur cette face de l’être où nous sommes exposés
    Sur cette aridité que traverse
    Le seul vent de finitude
    Que celui qui brûlait debout
    Comme une vigne
    Que l’extrême chanteur roule de la crête
    Illuminant
    L’immense matière indicible.

    Que le verbe s’éteigne
    Dans cette pièce basse où tu me rejoins
    Que l’âtre du cri se resserre
    Sur nos mots rougeoyants.

    Que le froid par ma mort se lève et prenne un sens.

    Yves Bonnefoy (1923-2016) « Du mouvement et de l’immobilité de Douve », 1953.

    **
    Averse de pétales
    je voudrais boire
    l’eau des brumes lointaines

    Kobayashi Issa (1763 – 1827), traduction par Corinne Atlan et Zéno Bianu

    **
    Je voudrais tant partir
    coiffée de lune
    sous le ciel vagabond

    Tagami Kikusha-ni (1753 – 1826) traduction par Corinne Atlan et Zéno Bianu

    **
    Vivre aux lisières
    dans l’exigence la plus haute
    et dominer le monde
    comme un pin parasol
    espérant le grand large
    jusqu’à l’effondrement

    Colette Gibelin

    *
    Rouges si rouges
    ces premiers coquelicots
    cœur noir au milieu
    d’un effervescent printemps

    Maryse Chaday

    *
    Logiques légères
    sous les hauts flambeaux dansant
    tes mains invisibles
    emprisonnent les miennes
    l’entrave est si chaude et ferme

    Jean-Pierre Garcia Aznard

    *
    Ce sont les rochers
    qui ont appris aux guerriers
    À peindre leur visage
    La route les imagine encore sur les hauteurs
    Pour toujours étonnés
    D’être parmi les éléments.

    Christophe Forgeot

    *
    Suppose que je vienne et te verse
    Un peu d’eau dans la main
    Et que je te demande
    De la laisser couler
    Goutte à goutte
    Dans ma bouche.

     Christophe Forgeot

    *
    Le temps a laissé son manteau
    De vent, de froidure et de pluie,
    Et s’est vêtu de broderies
    De soleil luisant, clair et beau.

    Il n’y a bête, ni oiseau
    Qu’en son jargon ne chante ou crie :
    Le temps a laissé son manteau.

    Rivière, fontaine et ruisseau
    Portent en livrée jolie,
    Gouttes d’argent d’orfèvrerie,
    Chacun s’habille de nouveau :
    Le temps a laissé son manteau.

    Charles d‘Orléans (1394 – 1475)

    *
    Restons visibles sous les draps même peur
    Et même désir entre disparaître et
    Vieillir où les mots se déforment si vite
    Nous sommes si même désir attachés
    À la même chair où les mots même peur
    Nous portent au dénuement à l’invisible
    Dans les blancs entre les mots restons visibles
    Entre fête et blessure visibles fuite
    Et perpétuité mais qui sait ce qu’un être
    Désire de l’autre quand t’aimer est plus
    Incompréhensible que je vais mourir

    Marcel Migozzi

    *
    On dit souvent que le temps passe
    comme le rire d’un enfant,
    On sent souvent que l’on s’efface,
    Juste le temps d’un instant,
    En oubliant que l’on s’enlace,
    Pour oublier nos tourments,
    Mais un jour ou l’autre on trépasse,
    On disparaît dans le néant.

    Naéma Ludecke

    *
    Quand nul ne la regarde
    La mer n’est plus la mer,
    Elle est ce que nous sommes
    Lorsque nul ne nous voit.
    Elle a d’autres poissons,
    D’autres vagues aussi.
    C’est la mer pour la mer
    Et pour ceux qui en rêvent
    Comme je fais ici.

    Jules Supervielle (1884-1960) – La Fable du monde (1938)

    *
    Cloris, que dans mon temps j’ai si longtemps servie
    Et que ma passion montre à tout l’univers,
    Ne veux-tu pas changer le destin de ma vie
    Et donner de beaux jours à mes derniers hivers ?

    N’oppose plus ton deuil au bonheur où j’aspire.
    Ton visage est-il fait pour demeurer voilé ?
    Sors de ta nuit funèbre, et permets que j’admire
    Les divines clartés des yeux qui m’ont brûlé.

    Où s’enfuit ta prudence acquise et naturelle ?
    Qu’est-ce que ton esprit a fait de sa vigueur ?
    La folle vanité de paraître fidèle
    Aux cendres d’un jaloux, m’expose à ta rigueur.

    Eusses-tu fait le voeu d’un éternel veuvage
    Pour l’honneur du mari que ton lit a perdu
    Et trouvé des Césars dans ton haut parentage,
    Ton amour est un bien qui m’est justement dû.

    Qu’on a vu revenir de malheurs et de joies,
    Qu’on a vu trébucher de peuples et de rois,
    Qu’on a pleuré d’Hectors, qu’on a brûlé de Troies
    Depuis que mon courage a fléchi sous tes lois !

    Ce n’est pas d’aujourd’hui que je suis ta conquête,
    Huit lustres ont suivi le jour que tu me pris,
    Et j’ai fidèlement aimé ta belle tête
    Sous des cheveux châtains et sous des cheveux gris.

    C’est de tes jeunes yeux que mon ardeur est née ;
    C’est de leurs premiers traits que je fus abattu ;
    Mais tant que tu brûlas du flambeau d’hyménée,
    Mon amour se cacha pour plaire à ta vertu.

    Je sais de quel respect il faut que je t’honore
    Et mes ressentiments ne l’ont pas violé.
    Si quelquefois j’ai dit le soin qui me dévore,
    C’est à des confidents qui n’ont jamais parlé.

    Pour adoucir l’aigreur des peines que j’endure
    Je me plains aux rochers et demande conseil
    A ces vieilles forêts dont l’épaisse verdure
    Fait de si belles nuits en dépit du soleil.

    L’âme pleine d’amour et de mélancolie
    Et couché sur des fleurs et sous des orangers,
    J’ai montré ma blessure aux deux mers d’Italie
    Et fait dire ton nom aux échos étrangers.

    Ce fleuve impérieux à qui tout fit hommage
    Et dont Neptune même endure le mépris,
    A su qu’en mon esprit j’adorais ton image
    Au lieu de chercher Rome en ses vastes débris.

    Cloris, la passion que mon coeur t’a jurée
    Ne trouve point d’exemple aux siècles les plus vieux.
    Amour et la nature admirent la durée
    Du feu de mes désirs et du feu de tes yeux.

    La beauté qui te suit depuis ton premier âge
    Au déclin de tes jours ne veut pas te laisser,
    Et le temps, orgueilleux d’avoir fait ton visage,
    En conserve l’éclat et craint de l’effacer.

    Regarde sans frayeur la fin de toutes choses,
    Consulte le miroir avec des yeux contents.
    On ne voit point tomber ni tes lys, ni tes roses,
    Et l’hiver de ta vie est ton second printemps.

    Pour moi, je cède aux ans ; et ma tête chenue
    M’apprend qu’il faut quitter les hommes et le jour.
    Mon sang se refroidit ; ma force diminue
    Et je serais sans feu si j’étais sans amour.

    C’est dans peu de matins que je croîtrai le nombre
    De ceux à qui la Parque a ravi la clarté !
    Oh ! qu’on oira souvent les plaintes de mon ombre
    Accuser tes mépris de m’avoir maltraité !

    Que feras-tu, Cloris, pour honorer ma cendre ?
    Pourras-tu sans regret ouïr parler de moi ?
    Et le mort que tu plains te pourra-t-il défendre
    De blâmer ta rigueur et de louer ma foi ?

    Si je voyais la fin de l’âge qui te reste,
    Ma raison tomberait sous l’excès de mon deuil ;
    Je pleurerais sans cesse un malheur si funeste
    Et ferais jour et nuit l’amour à ton cercueil !

    François Maynard (158O – 1646) « La Belle Vieille »

    *
    Sur le fil du temps sèchent des bouts de rêves oubliés ;
    des non-dits s’étirent, trop longtemps supendus,
    jamais repris ;
    des lambeaux de prières s’y accrochent parfois,
    portés par les vents.

    Catherine Monce

    *
    Juste né,
    né de la mère
    né de la terre
    juste né
    déjà séparé.

    Catherine Mourmaux

    *
    Seine de peine grise
    joie jouant aux dés
    Je te laboure de lilas

    Rémy Durand, « Sensiaires »

    *
    Quand il est né,
    Je suis née autre
    Plus fille de…
    légère, insouciante,
    Mais
    Mère de…
    Tremblante, consciente du miracle
    et de la fragilité
    De la vie

    Marie Bagnol

    2 – LE PARTAGE

    p1000593

    Présentation de Christophe Forgeot, par A. Bel

    Christophe Forgeot, c’est le mariage heureux entre la Touraine et la Bourgogne, pour débarquer à Paris et attérir en Provence.

    Dès son enfance, il écrit. Une écriture faite de rencontres avec d’autres artistes, d’autres pays, pour élargir son horizon.

    Une écriture qu’il transmet par ses livres, ses lectures, la radio, le théâtre – avec des peintres, musiciens, danseurs et acteurs.

    Voyageur aux 30 pays, pour lui, « Saisir la route, c’est l’emprunter, la connaître puis s’efforcer de la comprendre ».

    S’il aime les dieux, c’est d’Eros qu’il s’agit et de ses métamorphoses. S’il a faim, c’est d’un désir jamais rassasié, jamais apaisé, « ouvert à l’aventure tumultueuse de l’abandon », dira Jacques Salomé.

    « J’écris des poèmes, des pièces de théâtre, des nouvelles, c’est ma manière d’apporter au monde. »

    Action

    Christophe Forgeot avait préparé des pinces à linge accrochées à sa chemise, des ficelles de chanvre suspendues aux rayonnages, des photos sur son pupitre, deux livres de ses poèmes courts à portée de main et deux morceaux de musique à portée d’oreille.

    Comme des trophées, les photos ont été accrochées
    au fil des poèmes qu’elles racontaient
    puis
    au fil des poèmes qui les racontaient.

    p1000590Voici les références des livres de Christophe Forgeot ainsi effeuillés :
    Haïkus du voyage, Illustrés par Nicolas Geffroy, 2015, Editions du Petit Véhicule
    Saisir la route, Photographies de Agnès Mallet, 2013, Jacques André Editions

    L’ aparté du poète s’est articulé autour du contexte de ces œuvres : comment elles ont été écrites, les rencontres à l’origine de chacune, la distance entre mots et images, comment chacun peut voir et entendre différemment…

    3 – LA DEGUSTATION
    Photo de Christophe Forgeot
    Photo : Christophe Forgeot

    La table s’est couverte de petits lampions vert printemps, tartes, gâteaux, nectar de mandarine et d’orange
    un vrai festin aux chandelles
    occasion de parler de festivals de poésie, de théâtre, de danse et poésie, d’inspiration divine ? tactile ? de la nécessité de l’esprit critique…
    Alors, et l’éclatement dans tout ça, me direz-vous ?
    il vint en toute fin de festin comme tonnerre de Zeus
    la table pliante du milieu s’est affaissée d’un côté, puis de l’autre
    pieds sagement rentrés sous elle
    avec fracas
    laissant chacun pantois, en silence
    mais inspirant l’un d’entre nous d’écrire un haïku improvisé sur le champ de la surprise :
    « Tout est devenu simple…
    la vaisselle glisse
    bonheur d’exister ! »

    QUELQUES POINTS

    p1000583Encore un ou deux poèmes longs, et/ou signés : penser à apporter deux poèmes courts, sans mention des auteurs, sur des feuilles séparées.
    Et cette question en suspens : comment rendre accessible le déroulement des Festins aux personnes n’ayant pas internet ? Nous envisageons dans un premier temps d’imprimer les poèmes et les comptes-rendus pour les mettre dans un classeur. Il sera à la disposition de tous, à la Bibliothèque.

    Andréine Bel

    Page de Christophe Forgeot sur cette rencontre